Iberdrola : le pari précoce d’un géant électrique sur les réseaux et les renouvelables

Le groupe espagnol Iberdrola s’est transformé bien avant que la transition énergétique ne devienne un thème central sur les marchés financiers. Sous la présidence d’Ignacio Galán, l’entreprise a investi massivement dans l’éolien, l’hydroélectricité et les réseaux électriques, tout en réduisant progressivement son exposition à certaines centrales traditionnelles.
Les chiffres du premier semestre 2017 illustrent cette stratégie. Iberdrola a investi 2,512 milliards d’euros, soit une hausse de plus de 35 % sur un an. Environ 80 % de ces investissements ont été dirigés vers les réseaux et les énergies renouvelables. Les renouvelables ont à elles seules représenté 1,219 milliard d’euros.
Le Royaume-Uni joue un rôle important dans cette expansion. Iberdrola, via ScottishPower, développe notamment de grands projets éoliens offshore. Le parc Wikinger en mer Baltique et le projet East Anglia One montrent que l’éolien en mer devient progressivement une activité industrielle de grande taille, capable de mobiliser plusieurs milliards d’euros.
Les réseaux constituent l’autre pilier du modèle. Iberdrola investit au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Espagne dans des actifs régulés qui transportent et distribuent l’électricité. Pour l’investisseur, ces activités peuvent offrir davantage de visibilité que la production d’énergie vendue sur les marchés de gros.
Au premier semestre 2017, le bénéfice net s’est établi autour de 1,52 milliard d’euros, en progression par rapport à l’année précédente. Le groupe dispose ainsi d’une base financière suffisamment solide pour continuer à financer un programme de croissance très capitalistique.
La thèse d’investissement ne repose donc pas uniquement sur l’éolien. Iberdrola cherche à contrôler une partie des infrastructures qui deviennent indispensables à l’électrification de l’économie : production renouvelable, réseaux et fourniture d’électricité. Cette intégration limite la dépendance à une seule technologie.
Le risque demeure cependant élevé en capital. Construire des réseaux et des parcs offshore nécessite d’importantes sommes d’argent et rend l’entreprise sensible aux taux d’intérêt et aux décisions des régulateurs. En 2017, Iberdrola apparaît néanmoins comme l’un des groupes européens les plus avancés dans la construction d’un modèle électrique centré sur les renouvelables.
Sources principales : Iberdrola, résultats du premier semestre 2017 ; lettre aux actionnaires du premier semestre 2017.



